2017 – « L’école à deux vitesses renforcée » | Centre presse

Sans surprise, Magali Espinasse, secrétaire académique au SNES s’oppose au projet du collège privé à Saint Eloi (lire ci-dessus). « Nous y sommes très peu favorables parce que nous militons pour une éducation laïque, publique et obligatoire ». Si le syndicat enseignant s’inquiétait déjà d’une « fuite des effectifs vers le privé concomitant à la réforme du collège », ce nouvel établissement ne va pas arranger son affaire. « À la rentrée 2016, nous avons constaté un bond des effectifs en 6 vers le privé, dans le département comme ailleurs », rappelle d’ailleurs Magali Espinasse. « Les familles qui mettent leurs enfants dans le privé ont les moyens de le faire. Ça va accentuer la ségrégation sociale. On renforce l’idée de l’école à deux vitesses, l’école des riches et l’école des pauvres ».
Ce collège privé agace aussi Sandrine Martin, élue PS au Conseil départemental qui mardi, siégeait au CDEN (Conseil départemental de l’éducation nationale): « Nous sommes face à un double problème, celui des collèges à la limite de leur capacité d’accueil et celui des collèges qui ont un problème d’attractivité, comme celui de Jules-Verne. L’ouverture de ce collège privé en 2018 va enlever beaucoup d’élèves à l’Education Nationale ». Pour l’élue, ce dossier engendre « le problème de la mixité sociale ». Dans la ligne de mire, Bruno Belin et la majorité départementale qui n’ont « jamais voulu revoir la carte scolaire sur Poitiers ». Une refonte de la carte scolaire repoussée finalement d’un an… soit en 2018, l’année de l’ouverture de Saint-Jacques. Quel choix feront alors les parents? Le public ou le privé? La question inquiète Sandrine Martin, qui note qu’à la rentrée prochaine entre 400 à 500 nouveaux élèves à Poitiers sont attendus, soit l’équivalent d’un collège. « Un collège que n’a pas ouvert le public. » L’enseignement catholique s’en chargera.

B.D.

source : Centre Presse du 16/02/2017

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